➡️ Les causes principales sont :
Pathologies obstructives : chez l’homme, hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), cancer, sclérose prostatique ou vésicale, sténoses urétrales ; chez la femme, prolapsus pelvien, tumeurs gynécologiques ou grossesse.
Infections et inflammations : cystite sévère, prostatite, balanite, vaginite, dermatoses. L’urétrite herpétique peut aussi provoquer un œdème obstructif.
Troubles neurologiques : environ 30 % des patients atteints de maladies neurologiques présentent une rétention chronique, en particulier après un AVC, dans la sclérose en plaques ou la polyneuropathie diabétique.
Autres facteurs : chirurgie pelvienne, douleur, traumatismes, distension excessive de la vessie, anesthésie rachidienne, accouchements compliqués, opioïdes.
➡️ Physiopathologie
L’obstruction urétrale ou du col vésical entraîne une stagnation urinaire. À terme, l’hypertrophie du détrusor évolue vers une décompensation musculaire avec remplacement par du tissu conjonctif, formant une vessie trabéculée et diverticulaire. La transmission nerveuse est altérée, réduisant la capacité contractile.
En cas d’inflammation (ex. prostatite), l’œdème peut s’étendre aux structures voisines. Chez les patients neurologiques, le déficit d’innervation provoque une hyporéflexie du détrusor avec vidange incomplète.
➡️ Symptômes
Contrairement à la forme aiguë, la rétention chronique est peu douloureuse. Elle se manifeste par une sensation de vidange incomplète, des mictions faibles, fréquentes, surtout nocturnes, et un besoin de pousser. À un stade avancé, une incontinence par regorgement peut apparaître.
L’urine est souvent foncée, odorante, avec des sédiments. En cas de rupture capillaire, on observe une hématurie. La fièvre évoque une surinfection.
➡️ Complications
La stagnation augmente la pression intravésicale, favorisant un reflux vésico-urétéral, qui peut aboutir à une hydronéphrose, des infections rénales chroniques ou une insuffisance rénale. En l’absence de traitement, 70 % des cas évoluent vers une rétention aiguë.
La cristallisation des sels et des déchets favorise la formation de calculs. Une distension extrême peut entraîner la rupture de la vessie, provoquant une péritonite ou une urosepsie.
➡️ Diagnostic
Le diagnostic repose sur l’anamnèse, l’examen clinique et les examens complémentaires :
- Palpation de la vessie distendue, toucher rectal (prostate), toucher vaginal (prolapsus).
- Analyse urinaire et ECBU pour détecter l’infection ; dosage du PSA chez l’homme.
- Échographie vésicale avec mesure du résidu post-mictionnel ; TRUS chez l’homme.
- Cystoscopie, scanner ou IRM en cas de suspicion tumorale ou neurologique.
- Bilan urodynamique (urofluxmétrie, cystomanométrie, électromyogramme).
- Bilan pluridisciplinaire si nécessaire (urologie, gynécologie, neurologie, oncologie).
- Un résidu urinaire <150 ml sans gêne notable permet parfois une approche conservatrice.
➡️ Traitement
Le traitement dépend de la cause et de la sévérité :
- En post-opératoire : sondage vésical temporaire (sonde de Foley).
- Chez les patients neurologiques : autosondage intermittent avec formation adaptée.
- En cas d’inflammation de cystite sévère: cystostomie sus-pubienne et antibiothérapie.
- En cas d’HBP ou de tumeur : résection transurétrale, ablation, vaporisation ou incision.
- En cas de sténoses : dilatation, incision, pose de stent ou urétroplastie.
- Chez la femme : traitement chirurgical du prolapsus (hystérectomie si indiquée).
➡️ Pronostic et prévention
Un diagnostic et une prise en charge précoces assurent un bon pronostic. L’autosondage améliore la qualité de vie des patients neurologiques. Les alpha-bloquants peuvent faciliter la miction après retrait du cathéter, évitant parfois une chirurgie.
Chez l’homme, le traitement de l’HBP réduit le risque de rétention. La prudence s’impose lors de la prescription de médicaments pouvant ralentir la vidange vésicale. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires, notamment un ECBU (examen cytobactériologique des urines), une échographie rénale ou pelvienne, voire un dosage du PSA pour évaluer l’état de la prostate.
Un suivi régulier en urologie et gynécologie est essentiel. Prévenir les efforts physiques excessifs et traiter les prolapsus réduit les risques de rétention chronique

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